Quelques repères : les périodes Asuka et Nara (538-794)

Les périodes Asuka et Nara représentent l’aube de l’histoire japonaise. Ce sont des périodes moins connues que la splendide époque Heian qui a suivi ou le temps des guerriers qui correspondent à notre imaginaire sur le Japon, mais c’est dans ces périodes que le Japon émergea des brumes de la protohistoire pour écrire pour la première fois son histoire. Durant les deux siècles et demi couverts nous voyons le passage du royaume du Yamato au Japon proprement dit, à l’émergence d’une monarchie, d’une littérature et d’une culture influencées par la Chine mais proprement japonais. Retracer les principaux repères chronologiques de ces périodes permet de mettre en évidence les évolutions et les ruptures qui ont mené au Japon tel que nous le connaissons.

Le Kiku, le chrysanthème, est le blason de la famille impériale japonaise identifiée à l’Etat même. On le voit orner les passeports japonais actuels.

C’est par choix personnel que la comparaison entre les chronologies française et japonaise se fait sur la base des dates de règnes des rois et empereurs. Cette démarche par règne permet de découper l’époque en périodes ayant leur cohérence (l’esprit du règne pour ainsi dire). Contrairement aux époques suivantes les périodes Asuka et Nara ne voient pas des empereurs abdiquer tout en maintenant leur autorité sur la cour, les dates indiquées pour la fin des règnes correspondent généralement au décès du souverain. La chronologie précise aussi le règne des femmes qui est une caractéristique de ces périodes avec 5 femmes empereurs pour 7 règnes différents. Par comparaison la chronologie française sous les Mérovingiens a été simplifiée car trop complexe à retracer sur une simple frise.

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Période Asuka, du Yamato au Japon (538-645)

Portrait classique du prince Shotoku dans une composition qui est sensée évoquer les portraits des empereurs chinois de jusqu’à la dynastie Sui.

La période Asuka est difficile à définir en termes chronologiques. Le nom lui-même n’est utilisé que depuis le XIXe siècle à partir du petit village de la préfecture de Nara où se trouvait les principales résidences des souverains de l’époque (même si d’autres sites serviront de capitale selon les différents règnes). Certains historiens japonais ne reconnaissent pas la cohérence de cette période et n’y voient que l’extension jusqu’au milieu début du VIIe siècle de la période Yamato précédente. C’est qu’il n’y a pas de rupture fondamentale entre Asuka et Yamato, ce qui justifie cette séparation est l’arrivée entre 538 et 552, depuis le royaume coréen de Baekje, du bouddhisme. Avec le bouddhisme c’est l’ensemble de la culture chinoise comme modèle et son écriture qui font leur entrée au Japon. Aux yeux des historiens le début d’Asuka marque donc rien de moins que la sortie de la protohistoire et l’entrée dans l’histoire écrite. Du point de vue des sources on passe de sources surtout archéologiques à des sources écrites, le règne de Kinmei qui débute en 538 est ainsi le premier empereur japonaise formellement daté. On ne parle pas encore de Japon à ce moment et les sources chinoises parlent des Wa en désignant le peuple de l’archipel. Ce qui deviendra le Japon est désigné sous le nom de Yamato et est centré sur l’actuelle préfecture de Nara, son autorité s’étendait au moins jusque dans le Nord du Kyûshû et l’Ouest de l’Honshû mais n’atteignait pas encore le Kantô. A la tête de cet Etat se trouvait un roi, que l’on ne qualifiait pas encore d’empereur gouvernant avec des grands clans avec des fonctions spécialisées à la cour (ainsi les Mononobe apparaissaient comme des ritualistes spécialisés dans le travail du fer mais aussi dans la guerre) et des fonctions de gouverneurs, probablement héréditaires, dans les provinces. L’arrivée du bouddhisme nous permet de distinguer les luttes de factions entre ces clans pour le contrôle de la cour.

Sous le règne de Bidatsu, à partir de 571, les Mononobe s’opposent aux Soga qui ont adopté et cherchent à répandre le bouddhisme. L’opposition entre les deux factions débouche en 587 sur la première guerre civile documentée de l’histoire du Japon entre les Mononobe et les Soga pour la nomination du successeur de l’empereur Yômei. La victoire des Soga mena à la consécration du bouddhisme au Japon et à l’hégémonie politique des Soga. Soga no Umako fut ainsi en mesure d’imposer l’empereur de son choix, Sushun, puis de le faire assassiner en 592 quand il ne fut plus convénient. Ce fut le soutien des Soga qui permit ensuite la montée sur le trône de Suiko comme première femme empereur historique. Le règne d’une femme durant cette période sera utilisé généralement comme un règne de transition avant la montée sur le trône d’un prétendant mâle. Les filles et soeurs d’empereurs étant légitimes aux yeux de la succession patrilinéaires, elles ne pouvaient cependant pas prétendre transmettre elle-même le droit de régner. Cette solution permettait ainsi d’éviter une régence risquée ou le passage à une lignée cadette. Le développement du bouddhisme, et par conséquent celui du modèle culturel chinois, semble alors servir un projet politique visant à affirmer l’autorité royale forte et centralisée s’appuyant sur des agents de la monarchie.

Ce projet politique fut endossé par le prince Umayado, plus tard connu comme le prince Shôtoku, qui bénéficia de la faveur de Suiko contre les Soga (avec qui il avait pourtant des liens de sang). Shôtoku Taishi est le premier homme d’Etat du Japon à l’origine des premières réformes, directement inspirée de la Chine par des ambassades envoyées sur le continent. Le système des 12 rangs de court, Kan’i Jûnikai, devait ainsi créer une noblesse, les kabane, fondés sur la proximité du souverain et le talent plutôt que sur l’hérédité clanique. La constitution en 17 articles, jûshichijô kenpô, proclamait les vertus bouddhistes et confucéennes plaçant le souverain comme une autorité supérieure. Cette autorité était renforcée par le bouddhisme avec la construction du premier temple bouddhiste du Japon, l’Hôryû-ji d’Ikaruga, qui faisait du souverain un roi-Bouddha sur Terre. Enfin le prince Shôtoku fut le premier utilisateur documenté, dans une lettre historique de 607 mettant à égalité le souverain du Yamato et l’empereur de Chine, du terme « Pays du Soleil Levant » ou hi no moto qui allait donner au siècle suivant le mot Nippon à l’origine du nom du Japon. Shôtoku Taishi fut ainsi le premier promoteur d’un Etat japonais fort et sinisé, ses réformes furent cependant d’un impact limité face à l’influence des Soga et d’autres clans. Il semble avoir déjà été en semi-disgrâce au moment de son décès en 622. Son fils, le prince Yamashiro, qui aurait pu être l’héritier de Suiko fut violemment repoussé de la succession en 628 par Soga no Emishi. Jusqu’en 645 une véritable réaction nobiliaire conserva le pouvoir à Asuka, laissant les innovations de Shôtoku Taishi comme lettres mortes.

L’Hôryû-ji n’est pas seulement le plus ancien temple du Japon, c’est aussi le plus ancien bâtiment de bois encore actuellement debout comme l’ont prouvé les analyses du bois de la pagode Gojû-no-tô.

En Europe : la période Asuka au Japon correspond dans ce qui encore la Gaule à la première partie de la dynastie franque des Mérovingiens. Clovis I, fondateur du royaume franc, est mort depuis 611 mais son fils Clotaire I correspond globalement aux règnes de Kinmei et Bidatsu au Japon. Les Francs sont alors encore en pleine expansion territoriale contre leurs voisins et se disputent l’unité du royaume entre frère. La période du prince Shôtoku est contemporaine du règne de Clotaire II qui réunifia temporairement le royaume des Francs et entreprit d’en renforcer l’unité. A la génération suivante, le court règne de Dagobert I représenta l’apogée politique de la dynastie méovingienne.

Période Hakuhô, la mise en place du régime des Codes (645-710)

Les tombes monumentales kofun, qui avaient marquées le paysage à l’époque précédente, commencent à disparaître alors que se répand le bouddhisme et les clans aristocratiques perdent de leur influence.

Le terme de période Hakuhô est parfois utilisé pour désigner une période totalement séparée de la période Asuka qui précèderait la période Nara et correspond à la mise en place du Ritsuryôsei, le régime des Codes, c’est à dire l’ensemble des lois et des institutions sur lesquelles l’Etat japonais fut construit. Les réformes instaurant les Codes, ritsuryô, reprennent là où le prince Shôtoku s’était arrêté et vont permettre l’émergence d’un absolutisme impérial. Cette période est étroitement liée à la personnalité centralisatrice de ses empereurs. Le plus important parmi eux fut l’empereur Tenji qui régna de 661 à 672 mais gouverna de fait le Japon en tant que prince Naka no Oê à partir de 645 lorsqu’il assassina personnellement Soga no Iruka (Incident d’Isshi) et détruisit l’influence de ce clan sur la cour. Naka no Oê gouverna au travers de son ncle et de sa mère et put établir une politique cohérente sur le long terme durant les 27 ans où il gouverna effectivement. Il fut l’auteur des réformes Taika de 645 et du code d’Ômi (Ômi-ryô) en 669. Le premier est le plus important, en tenant compte que pour Naka no Oê l’adversaire était les clans des kabane, la noblesse, les réformes retirèrent à ces clans leur puissance économique en les privant de leurs terres, toutes les terres cultivables devinrent des terres publiques attribuées à des travailleurs libres mais appartenant toujours à l’Etat, des redistributions regulières permettaient d’empêcher la constitution de domaines (les restributions continueront jusqu’à la fin de l’époque Nara). Les réformes Taika réorganisent aussi les provinces, placées sous l’autorité d’un gouverneur, kokushi, nommé à la place des gouverneurs traditionnels, les kuni no miyatsuko héréditaires issus des clans. Ces réformes permirent aussi de mettre en place les premières institutions copiées sur l’administration chinoise des Tang et imposer une justice centrale. La Chine est le grand modèle de Naka no Oê qui cherche à multiplier les ambassades et les contacts, sa volonté de déplacer la capitale à Naniwa (dans l’actuelles Ôsaka) doit être comprise comme une volonté de se rapprocher de la mer et des voies maritimes directement en contact avec les ports chinois. Par la suite, étant déjà monté sur le trône, Tenji déplaça une autre fois la capitale à Ômi-kyô, près du lac Biwa, pour une première tentative de construire une capitale à l’imitation de Chang’an. Tenji se place aussi dans un contexte où la Chine des Tang est devenue le grand modèle de référence et où les Tang interviennent non loin du Japon dans l’unification de la Corée par le Silla (660-668). Cette volonté d’expansionse retrouve chez l’empereur Tenji qui poussa à compléter la conquête de l’archipel face aux peuples Emishi dans le Nord ou contre les Hayato du Kyûshû. Enfin, ce fut l’empereur Tenji qui abandonna les titulatures traditionnelles au profit de celle de Tennô et transforma officiellement le nom du pays en Nihon. A ce titre Tenji peut être perçu comme le véritable fondateur de l’empire japonais.

A la mort de Tenji en 672 éclate une brève guerre de succession entre son fils, l’empereur Kôbun, et son frère, l’empereur Tenmu dont la lignée restera sur le trône jusqu’à la fin du VIIIe siècle. Cet intermède connu comme la guerre de Jinshin ne remet pas en cause des avancées de Tenji, elle seront complétées par le code d’Asuka-Kiyomihara en 673 qui instaure l’administration imperiale telle qu’elle sera connue dans les périodes suivantes. La cour est divisée en deux branches, le Jingi-kan qui correspond à un ministère des rites, et le Daijô-kan qui fut l’administration civile du pays avec à sa tête deux ministres, sadaijin et udaijin et un chancelier, le daijô-daijin, qui dominent des fonctionnaires répartis en 8 ministères et obéissant à la stricte hiérarchie des rangs. La noblesse des kabane se voit d’office attribuer les 5 premiers rangs sous le terme de kuge mais son influence est désormais strictement limitée au sein d’une administration qui reconnaît l’avancement par les compétences et dominée par un souverain absolu. Ces réformes divisent encore le pays selon le système de Kokugunri (provinces-districts-villages) qui permet un contrôle accru des provinces par des petits fonctionnaires locaux. Ce code sera encore complété par le code Taihô de 702 édicté par l’empereur Monmu. La mort de l’empereur Tenmu en 686 ne fut en effet pas un frein à la centralisation du pouvoir durant le règne transitoire de Jitô (proclamé pour attendre la montée sur le trône de Monmu) et celui de Genmei (après le décès prématuré de Monmu). Le projet de déplacement vers une capitale permanente à la chinoise, déjà dans l’air depuis le règne de Tenji, fut finalement mené à son terme avec la construction de Nara en 710.

En Europe : Le début de l’époque gouvernée par le futur Tenji correspond à la fin du règne de Dagobert I qui représenta le dernier moment de stabilité et d’unité de la dynastie mérovingienne. Le reste du VIIe siècle correspond à la période des « rois fainéants » stéréotype créé par leurs successeur Carolingiens pour symboliser la décadence, exagérée, et l’impuissance de ces derniers Mérovingiens. Alors que les empereurs du Japon imposent leur autorité centrale forte les rois mérovingiens tombrent sous la coupe de leurs maires du palais. Au milieu du VIIe siècle, Pépin de Landen, maire du palais d’Austrasie et ancêtre de Charles Martel et Charlemagne, est déjà en place.

Période Nara, la naissance d’une monarchie japonaise (710-794)

Le palais d’Heijô est une reconstitution grandeur nature à Nara de la salle du trône de la période Nara. L’ensemble composant le palais n’a cependant pas pu être restauré du fait de dimensions immenses. C’est un palais à chinoise selon un axe menant des portes jusqu’à la salle du trône.

Le but de Nara, Heijô-kyô, lors de sa fondation en 710 était de fournir une capitale pouvant abriter la nouvelle administration de la cour impériale centrée sur le palais et l’empereur. Cette cour devait être permanente et construite sur le seul modèle politique disponible, celui des capitales chinoises. Dans les faits la cour va encore bouger plusieurs fois durant la période Nara avant de déménager définitivement ailleurs en 784. La période précédente avait vu, au travers de personnalités fortes comme Tenji, Tenmu, Jitô et Monmu, l’affirmation d’un pouvoir central fort contre la noblesse, la période Nara voit cette monarchie forte au prise avec les rivalités internes et les luttes de faction. En 720, Fujiwara no Fuhito, principal ministre depuis le règne de Jitô et probable artisan du code de Taihô, décède et laisse la cour en proie aux luttes de faction. L’empereur Shômu lui-même, comme tous les descendants de la lignée de Tenmu, favorise une action autoritaire de l’empereur face à la noblesse qui tente de le tempérer. C’est en particulier sur la place du clergé bouddhique à la cour que les luttes vont se crystalliser. L’empereur Shômu et sa fille, l’impératrice Kôken, par foi et par politique vont utiliser le clergé bouddhique comme un moyen d’affirmer leur autorité et la faire relayer dans les provinces. Sans doute leur fallait-il aussi réaffirmer leur capacité à aider le peuple après la grande épidémie de 735 qui décima la population japonaise. Ce fut Shômu qui ordonna la construction en 741 d’un réseau de temples provinciaux, kokubunji, qui devaient être placés sous l’autorité du Tôdai-ji de Nara, inauguré en 749.

C’est pour s’opposer à l’influence du clergé que Fujiwara no Hirotsugu se rebélla en 740, provoquant le plus important conflit depuis la guerre de Jinshin. En 754 c’est Tachibana no Naramaro qui tente un coup d’Etat. En 764, Fujiwara no Nakamaro se révolte contre l’impératrice Shotoku (deuxième nom de règne de Kôken) en partie pour mettre fin à l’influence prise par le moine Dôkyô, qui fut proche d’usurper le trône même en se faisant nommer héritier. Lorsque Shotoku disparaît en 770, la lignée issue de Tenmu s’achève et laisse la place à l’empereur Kônin, un cousin issu de l’empereur Tenji un siècle plus tôt. L’aristocratie reprend alors une influence marquée sur la cour autour de la famille Fujiwara. Cette influence se voit dans les provinces avec l’extension de plus en plus marquée des domaines fonciers des temples et de la noblesse, disposant d’exemptions fiscales, funyûken, qui mirent pratiquement fin au système de redistribution des terres publiques. Il s’établit dès lors un équilibre entre l’empereur, l’aristocratie et les temples qui allait caractérisé la fin de la période et le début de la période suivante. La monarchie absolue à la chinoise adaptée aux réalités locales adopte ses caractéristiques japonaises, cela se voit aussi au niveau de la culture.

C’est durant la période Nara que sont compilées les principales chroniques impériales, le Kojiki en 712 et le Nihon Shoki en 720, qui reconstituent un passé mythique de la lignée impériale désormais directement liée à une ascendance divine, celle de la déesse Amaterasu. Ces deux chroniques seront à l’origine de la mythologie du shintô et de l’identification de l’Etat à une seule lignée impériale, principale différence avec la monarchie chinoise basée sur le concept de Mandat du Ciel. C’est encore à cette période qu’est réalisée la compilation poétique du Man’yoshû, qui fonde la littérature et la poésie japonaise et s’éloigne du modèle chinois. La période Nara peut être résumée comme la période de l’adaption du modèle chinois aux réalités japonaises et la modération d’un modèle imérial absolu régit par les codes mais limité par la noblesse. C’est dans ce contexte que l’on peut aussi mieux comprendre la fin des règnes de femmes au Japon après Shotoku. D’un part le règne de Shotoku avait mis en avant le risque d’usurpation du trône (en faveur de son mari si l’impératrice devait se marier par exemple) en faveur d’une faction particulière. Les femmes servaient aussi comme moyen pour conserver le pouvoir dans la famille impériale et éviter de le partager avec la noblesse lors d’une régence, désormais la familles de la noblesse seraient en mesure d’imposer une tutelle sur des empereurs mineurs ou incapables, ce qui se vérifiera au siècle suivant avec les régents Fujiwara, la fin des règnes féminin marque ainsi un recul de l’autonomie de la famille impériale. En 784, le fils de Kônin, l’empereur Kanmu, décide de quitter Nara pour fonder une capitale afin de maintenir son indépendance face aux temples et à la noblesse sur une terre vierge qui lui appartiendrait, ce sera Heian-kyô, Kyôto.

Le Tôdai-ji actuel est une reconstruction de XVIIe siècle et ne correspond pas à l’apparence originelle du VIIIe siècle, plus vaste d’un tiers.

En Europe : La période Nara correspond aux derniers règnes des Mérovingiens alors que l’autorité était alors entièrement passée aux mains des maires du palais en Neustrie et Austrasie. Le « règne » de Charles Martel et la fameuse bataille de Poitiers sont contemporains du règne de l’empereur Shômu tandis que le règne de Pépin III correspond au double règne de l’impératrice Kôken/Shotoku. L’avènement de Charlemagne, contemporain de l’empereur Kanmu allait voir dans les deux cas de nouveau l’affirmation d’une autorité impériale forte.

En conclusion les périodes Asuka (Hakuhô) et Nara ont vu successivement l’émergence depuis la protohistoire d’une monarchie, le Yamato et son renforcement au dépens des clans locaux et des formes de pouvoir local. Cette monarchie s’est affirmée sur la double base du bouddhisme et du modèle impérial chinois pour devenir ce que nous nommons l’empire japonais, dirigé par un empereur de style chinois qui se donnele titre de Tennô. Cette monarchie forte et centralisée à la chinoise, régie par des codes, prend ses caractéristiques japonaises pendant la période Nara lorsque une littérature et une histoire nationale sont créés. Ce modèle « japonisé » va ensuite servir de cadre à l’époque Heian, l’âge d’or de l’antiquité japonaise.

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